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Cela se passait en...

Croyances couvinoises

Billet retrouvé dans le quotidien édité par Camille Dujardin juste après la guerre et durant quelques années. Il s'agit de l'Echo des Vallées. Il est signé "Traubodet" et il serait peut-être intéressant si un lecteur pouvait nous renseigner sur l'identité de "Traubodet".
L'illustration de la chapelle de la Foulerie, disparue avec les rails du tram, est une aquarelle de Michel Michaux, peintre couvinois habitant Nice et qui a peint toute une série de chapelles du temps où il habitait encore Couvin (Modifié le : 11/11/2007)

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chapelles du bout den haut

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Chapelle de la Foulerie

BILLET COUVINOIS.

 

CROYANCES.

 

 

Au siècle dernier, une infime partie de notre population gardait toujours une fidélité profonde à certaines croyances anciennes.

Par exemple, ce rite étrange qui se déroulait à l’approche du tirage au sort. Cela se passait la nuit, en secret, tellement le peuple dans la pudeur de ses croyances intimes a de tout temps conservé la crainte de la critique, voire du ridicule.

Or donc, quand s’annonçait l’échéance fatidique, quelque conscrit crédule, seule dans l’obscurité profonde, s’en allait vers cette robuste chapelle que longe la grand’ route à la Foulerie, face au moulin que nous appelions Mailleux.

Et là, dès que le clocher de l’église paroissiale entamait les 12 coups de minuit, l’intéressé, escaladant discrètement la lourde porte de fer, s’emparait à l’autel de la statue du saint imploré.

La porte refranchie,  l’un traînant l’autre, ligoté la corde au cou, commençait alors une course folle jusqu’à la carrière du chemin de la Suédoise.

Après quoi, la statue souillée, mutilée était ramenée à une même vive allure à son point de départ et abandonnée dans la boue du fossé.

S’il faut en croire les chercheurs, il s’agissait en cela de la survivance d’une pratique chère aux peuples primitifs châtiant préalablement le fétiche ou le dieu pour le convaincre d’avoir à intervenir favorablement.

On chuchotait qu’une autre conception tout aussi valable pour tirer un bon numéro consistait, toujours sur le coup de minuit, à tourner trois fois consécutives autour des Calvaires du Bout d’en Haut. Mais attention, ici pour les 2 chapelles englobées en une seule boucle, bien observer à ne réciter qu’un seul Ave par circuit.

Enfin, autre type de superstition populaire, dans telle autre agglomération limitrophe de Couvin, pour obtenir certaine faveur spéciale, il était jugé bon d’aller montrer, la nuit, la partie la moins noble de son individu au saint de cette autre chapelle des confins du village, toujours debout dans l’angle formé par la bifurcation de la route.

Peut-être, d’aucuns se scandaliseront-ils au rappel de pareilles mœurs barbares, impies. Pour notre part, avancer que de nos jours, même chez nous, toute croyance ridicule a disparu, c’est là un pas que nous ne franchirons pas.

                                                                                                                      TRAUBODET.

 

 

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